Conseil Municipal du 3 avril 2009 – Les excuses de Christian ESTROSI

Lors de l’ouverture de la séance par Christian ESTROSI et l’approbation du procès verbal du Conseil Municipal du 13 février 2009

M. ALLEMAND
Monsieur le Maire, vous comprendrez bien que nous ne pourrons pas voter ce procès-verbal dès l’instant où nous n’avons pas assisté aux trois quarts de la séance et compte tenu des circonstances dans lesquelles nous l’avons quittée.

 

M. LE MAIRE
Monsieur Allemand, j’imaginais bien que vous ne pourriez pas vous prononcer sur un procès-verbal qui porte sur une séance que vous avez fait le choix de quitter dans les circonstances que chacun a eu à commenter ou à analyser.

Permettez-moi simplement de profiter de cette intervention pour faire un tout petit rappel non agressif. La vie publique autorise un certain nombre de choses et ne doit pas en autoriser d’autres, et ce qui est vrai pour vous est vrai pour nous. J’ai voulu un esprit d’ouverture sur cette ville ; j’ai voulu un esprit constructif. Bien évidemment, chacun doit marquer sa différence par rapport aux convictions qui sont les siennes et une assemblée démocratique comme la nôtre est le lieu pour marquer sa différence, je ne vous le contesterai donc jamais.

Mais, simplement, je veux rappeler que lorsque dans un point presse à l’adresse de « Changer d’Ère » mairie de Nice, 5 rue de l’Hôtel de Ville, vous titrez « Tout est en place pour le retour de la corruption », vous avez beau dire que cela ne concerne pas la municipalité niçoise, lorsque les journalistes l’interprètent comme tel et que le jour même du conseil municipal nous retrouvons dans le journal Métro « La gauche s’inquiète du retour aux pratiques qui ont conduit aux scandales Vialatte et Monleau », peut-être que cela ne concerne pas la ville de Nice et que cela concerne la ville de Paris, ce n’est pas comme cela que je l’ai ressenti ; quand un peu plus loin « la commission verra son ordre du jour très fortement allégé, ironise le socialiste Marc Concas », je ne sais pas si c’est une commission à Nice ou si c’est une commission à Paris, j’ai plutôt le sentiment que le journaliste l’a interprété comme une commission à Nice ; quand le quotidien Nice-Matin titre « La gauche s’inquiète d’un risque accru de corruption : tout est en place pour le retour de la corruption. Volontairement dramatique, l’intitulé de la conférence de presse donnée hier par les socialistes et écologistes niçois avait de quoi interpeller, les journalistes bien sûr mais aussi les contribuables. Au final, ce sont en effet ces derniers qui paieraient le prix d’éventuelles pratiques corruptrices au sein de la mairie ». Ce n’est peut-être pas la mairie de Nice, c’est celle de Paris, mais en tout cas, s’ils l’ont interprété comme cela, je l’ai interprété comme cela. Donc, tout a été dit et je ne reviendrai pas dessus.

Mes propos en réaction qui dénonçaient une méthode de communication, parce que c’est une méthode de communication, vous ont blessé. C’était ou une posture politique ou une authentique réaction de votre part et, allez, je vais concevoir que c’est une authentique réaction de votre part, parce que je connais depuis trop longtemps votre personnalité et que je préfère penser qu’il en est ainsi. Cela fait trop longtemps que nous nous connaissons, j’ai beaucoup de respect pour vous, Patrick Allemand, beaucoup, et je crois vous en avoir beaucoup témoigné depuis des années où nous avons, en défendant des convictions différentes, défendu la vision de l’intérêt général que nous avons ensemble. Alors si ce jour-là, en réaction à une attitude qui m’a profondément blessé personnellement, mes propos ont pu vous atteindre et vous blesser, par respect pour vous, ici devant le Conseil municipal, je le dis très clairement, je m’en excuse de tout mon cœur auprès de vous, Monsieur Patrick Allemand.

Maintenant je mets aux voix le procès-verbal.

M. ALLEMAND
Monsieur le Maire, vous venez, devant le Conseil municipal, de me présenter, par rapport à ces propos, des excuses publiques. Je n’en attendais pas moins de votre part parce que j’estime qu’à cette occasion vous avez fait un dérapage incroyable. Je ne dis pas inexcusable, puisque nous en sommes là, mais incroyable. Tenter de relier cela à cette conférence de presse de la veille c’est essayer de le justifier. Tout simplement, je tiens à revenir là-dessus parce que nous ne retirons pas un mot de la conférence de presse de la veille. Il y a certainement derrière moi des journalistes qui étaient présents et, autour d’un président de la commission d’appel d’offres, nous avons critiqué à cette occasion des dispositions prises par le gouvernement dans le cadre du plan de relance qui visent à alléger, c’est le moins qu’on puisse dire, les procédures de contrôle des marchés publics, puisque le relèvement des seuils est très conséquent et que, sur ces bases, il n’y aurait eu jusqu’à présent que deux marchés publics qui auraient été soumis à la commission d’appel d’offres. Dans une ville comme la nôtre, cela a de quoi inquiéter.

Par contre, à aucun moment de cette conférence de presse, il n’a été question ni de vous mettre en cause ni de mettre en cause un quelconque élu de votre majorité. C’est simplement, à cette occasion, un signal d’alerte et c’est notre devoir d’opposants d’avoir alerté l’opinion sur les modifications réglementaires qui, à notre sens, rendent la tâche de la commission d’appel d’offres, et donc celle de notre présidente Mari-Luz Hernandez-Nicaise, beaucoup plus complexe. Voilà exactement ce dont il était question.

Maintenant que ces excuses sont faites, je vous en donne et j’en prends acte et je considère que cette affaire est close.

Je souhaite simplement que ce mal se transforme en bien et que ce soit le signal de votre part d’un nouveau départ dans la manière de présider nos débats, parce que je ne souhaite pas et je ne supporterai pas qu’un quelconque membre de mon groupe, pas forcément moi, continue à être traité comme c’est parfois le cas. J’estime que là, il y a eu un franchissement de ligne jaune, nous nous en expliquons définitivement et publiquement maintenant et je souhaite donc que ce soit l’occasion pour vous d’en tirer toutes les conséquences.

M. LE MAIRE
Monsieur Patrick Allemand, je vous remercie d’avoir affirmé publiquement que vos déclarations ne visaient aucun membre de ma majorité ni moi-même. En retour, je veux vous dire au nom de ma majorité et au nom du groupe « Nice Ensemble », que j’apprécie de la même manière cette position si claire qui, au moins aux yeux de toutes les Niçoises et de tous les Niçois, démontrera là où malheureusement nous l’avions ressenti autrement, qu’en aucun cas un seul membre de ma majorité n’était visé.

De la même manière et comme je l’ai souhaité depuis l’instant où j’ai présidé cette assemblée, je souhaite que nous continuions dans un esprit d’ouverture à assumer la qualité de nos débats.

Je vais maintenant mettre aux voix le procès-verbal.

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