Conseil Municipal du 18 septembre 2009 – Programme d’études pour l’implantation d’un établissement zoologique à Nice
Intervention de Patrick ALLEMAND – Programme d’études pour l’implantation d’un établissement zoologique à Nice
Délibération 30.1 : Lancement d’un programme d’études pour l’implantation d’un établissement zoologique sur le territoire de la ville de Nice
Patrick ALLEMAND
Monsieur le Maire, cette délibération qui a été rajoutée à l’ordre du jour, et nous en étions d’accord, pose une question plus fondamentale : comment peut-on en arriver là ? J’aurais pensé que c’était plus un dossier de Communauté urbaine qu’un simple dossier de Conseil municipal puisqu’il s’agit de Saint-Jean-Cap-Ferrat.
Plusieurs éléments m’interrogent dans ce dossier :
Le premier est l’identité de l’ancien propriétaire, Veolia ; comment a-t-on pu laisser partir un tel terrain au privé avec toutes les conséquences que cela entraîne aujourd’hui, alors que l’ancien propriétaire était Veolia ? Il est impensable que cela ait pu se faire sans que certains en très haute responsabilité n’aient été informés de cette transaction.
Christian ESTROSI
Comme vous, par exemple, vous êtes le premier vice-président de la Région, vous pouviez très bien négocier.
Patrick ALLEMAND
Non, je n’ai pas été informé de cette opération.
Veolia est une entreprise qui travaille beaucoup avec les collectivités territoriales. Le prix de vente est, de l’avis général, sous-évalué puisque, si l’on en croit ce que dit le sénateur maire de Saint-Jean-Cap-Ferrat, le prix de vente au mètre carré là-bas se négocie autour de 4 000 euros, ce qui veut dire que ce terrain a été vendu très peu cher. A ce prix-là, nous aurions peut-être pu nous débrouiller pour aider la commune.
Christian ESTROSI
Nous « débrouiller » ? Vous employez le mot débrouille, vous vous rendez compte ?
Patrick ALLEMAND
Monsieur le Maire, ne vous amusez pas à cela, l’on fait dire aux mots ce que l’on veut.
Il y avait des possibilités pour trouver des solutions pour préempter ce terrain, or on ne l’a pas fait. En tant que président de la Communauté urbaine vous êtes politiquement certainement plus responsable que moi et que d’autres.
Christian ESTROSI
Nous en discuterons à la Communauté urbaine.
Patrick ALLEMAND
Vous le mettrez à l’ordre du jour de la Communauté urbaine ?
Christian ESTROSI
Ce que je mettrai à l’ordre du jour de la Communauté urbaine, ce sont les règles qui touchent au PLU, il y aura un débat là-dessus.
Patrick ALLEMAND
Nous en reparlerons là-bas.
Je trouve que c’est extrêmement dommageable qu’un des rares terrains aussi importants que cela soit aujourd’hui voué à un projet qui sera de toute manière un projet immobilier. Je le dis parce qu’il y a aussi une autre possibilité que vous avez peut-être d’agir de par vos responsabilités : c’est d’envisager —comme c’est le cas dans un autre dossier mais qui intéresse la Communauté urbaine donc je n’y viendrai pas ici— de faire expertiser la qualité de la flore de ce terrain et notamment les arbres. Vous savez qu’aujourd’hui la sauvegarde d’arbres remarquables peut être une possibilité de protéger le terrain de dérives immobilières. C’est à votre niveau de responsabilité, c’est à discuter avec le ministre en charge Jean-Louis Borloo.
Si l’on en a la volonté, comme vous l’avez fait à l’époque pour la gare du sud où en quelques heures vous avez réglé le problème avec Jacques Toubon pour faire cesser une démolition, il doit exister la possibilité de faire expertiser les arbres du terrain en question parce que je ne me résous pas à cette fermeture dans ce contexte et avec les éléments que je viens de vous donner.
Après, nous ne serons pas contre la délibération que vous proposez parce que c’est une délibération de « sauvetage » de ce qui peut l’être, encore qu’il ne faut pas avoir d’ambiguïté là-dessus et être précis pour ne donner aucune illusion à quiconque. C’est une délibération pour ouvrir la perspective d’une étude pour implanter un parc zoologique à terme, l’on ne parle pas à l’horizon fin septembre. Comme je le lis dans la presse qui parfois fait des imprécisions, il n’est pas question de récupérer les 500 animaux au parc Phoenix, cela me paraît un peu compliqué. Nous ne parlons pas de cela, la délibération non plus.
Nous vous disons que nous sommes d’accord pour ouvrir cette étude pour voir s’il est possible d’implanter un parc zoologique à Nice, mais c’est quand même un très grand gâchis.
La délibération n°30.1, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité.
