Délibération 3.1 - Demande de classement de la ville de Nice en commune touristique
Rudy SALLES
Monsieur le Maire, mes chers collègues, il s’agit d’une délibération qui demande le classement de la ville de Nice en commune touristique. Certains peuvent se posent la question pourquoi nous ne l’étions pas encore ? Nous l’étions mais la loi a changé. Il existait jusqu’à présent six catégories de stations classées balnéaires, tourisme, sports d’hiver, alpinisme, hydrothermale, hydrominérale, climatique et uvale. Aujourd’hui ces catégories sont regroupées sous l’appellation unique de stations classées de tourisme, nous devons d’abord déclarer Nice commune touristique, transmettre au Préfet qui prendra l’arrêté qui nous permettra d’être classés commune touristique et cela pour une période 12 ans.
Yann LIBRATI
Cette délibération va dans un sens utile pour la ville de Nice. Vous savez comme moi que la ville de Nice, qui fait 48 % de son économie directement ou indirectement de son tourisme, doit prendre les décisions qui lui permettent de se développer.
Pour autant –et cela nous ramène à un débat précédent– je vois dans les considérants que cette démarche est importante parce que ce classement induit « Une labellisation de qualité et un outil de marketing et de commercialisation auprès des touristes mais également la possibilité de déroger à l’arrêté préfectoral de 1964 pour les fermetures tardives à 2 h 30 au lieu de 0 h 30 ». On peut se poser des questions d’une politique où dans une délibération on va dans une direction et dans une autre on essaie de se donner les moyens d’aller dans une autre direction.
Cela amène le débat plus global qui se pose aujourd’hui dans la ville et je pense notamment aux restaurateurs et aux tenants d’établissements de type pubs pour qui les arrêtés que votre majorité a pris récemment font que l’on est aujourd’hui dans une situation ubuesque. Je citerai l’exemple de restaurateurs sur la place Garibaldi qui me disent « A partir de 21 h 30 on ne doit plus recevoir de clients parce que les terrasses doivent fermer à 22 h », c’est compliqué. D’autres restaurateurs nous expliquent que cette volonté de fermer beaucoup plus tôt leur fait réellement perdre un chiffre d’affaires conséquent et qu’ils le regrettent très fortement. Sauf à considérer que tous les restaurateurs dans la ville seraient des personnes irresponsables qui ne feraient pas en sorte que la tranquillité de leurs concitoyens soit respectée, il me semble que les décisions prises en ce sens ne vont pas dans le bon sens.
Pour faire un bon mot je dirais que vous avez la volonté de faire de Nice la Barcelone du sud de la France, moi j’ai plus le sentiment que par ces décisions c’est Barcelone, d’accord, mais sous Franco. Comprendra qui pourra, monsieur l’Adjoint, et l’histoire il est vrai est utile.
Pour revenir à des choses plus sérieuses, ce qui me gêne c’est que je pense que vous avez la volonté de faire bouger les choses et je suis à vos côtés quand cela va dans le bon sens. Je vous donne des exemples de décisions que vous prenez ou que vous ne prenez pas et que je ne comprends pas.
La ville de Nice a investi des centaines de milliers d’euros pour construire la ligne 1 du tramway. Depuis maintenant trois ou quatre ans je me bats –même avant qu’elle ne soit créée– car ce tramway ne peut pas répondre aux besoins de tous les Niçois, quand je dis répondre aux besoins de tous les Niçois c’est qu’au départ on disait que ce tramway s’arrêterait à 23 h 30 ensuite à minuit et qu’après moult interventions au conseil municipal j’ai pu obtenir minuit trente puis une heure. Quelle est la vraie question à se poser ? Les pubs ferment à deux heures du matin et aujourd’hui on ne laisse pas le choix aux consommateurs. « Tram ou conduire », le citoyen doit pouvoir choisir. Je souhaite et je profite de cette délibération pour faire appel à votre bon sens et faire en sorte qu’enfin l’on puisse donner la possibilité aux Niçois de prendre le tram le plus tard possible et de ne pas prendre leur véhicule lors de soirées festives comme cela peut arriver à tout le monde.
C’est une note globale sur laquelle je veux attirer votre attention.
La question de la tranquillité de nos concitoyens est importante et attire notre attention aussi mais, en même temps, il faut faire attention qu’une ville comme Nice puisse respirer la nuit et ce n’est pas le cas parce que la Ville à mon sens ne met pas suffisamment les moyens. Je prends l’exemple du Cours Saleya qui est le cœur névralgique et symbolique de ce qui se passe la nuit dans la ville en matière de tourisme –et c’est plutôt une réussite, cela se passe bien– sauf que quand vous ouvrez un poste de police municipal à cet endroit il est ouvert à huit heures le matin et il ferme à vingt heures le soir quand tout commence. C’est un ensemble de décisions prises comme cela qui ne sont pas cohérentes et qui font que le soir il y a trop peu d’activités pour les touristes, pour la jeunesse et trop peu d’activité économique de manière globale.
Enfin je terminerai par un point qui nous semble important pour le groupe Changer d’Ere, c’est que cette délibération –même si nous pensons qu’elle peut aller dans le bon sens– nous inquiète sur un point précis : il y aura la possibilité –corrigez-moi si je me trompe, monsieur l’Adjoint– pour la ville de Nice une fois que nous aurons ce label et que nous serons classés en ville touristique, de pouvoir ouvrir les magasins le dimanche. Or cette question fait débat, pose question et pour le coup, monsieur le Maire, ne pose pas question qu’à la gauche mais également à la droite. Cette question du repos dominical fait partie de la tradition, de l’historique, d’un acquis social longuement négocié et chèrement payé par le passé.
Sur cette délibération nous sommes pour faire en sorte que la ville de Nice se développe, oui bien sûr, et nous partageons –et je pense que vous partagez avec moi– cette tristesse lorsque nous voyons que la ville de Nice, ces vingt dernières années, n’a pas pris les bonnes décisions pour s’engager et rester compétitive par rapport à d’autres villes. S’il fallait prendre un exemple emblématique je prendrai le palais Acropolis qui lorsqu’il a été construit et qu’il est sorti de terre était le septième au niveau européen en matière d’événementiels et qui aujourd’hui est soixante-douzième. Notre ville a donc perdu du terrain et ce qui nous semble important est de prendre les bonnes décisions pour que notre ville regagne ce terrain perdu alors que des villes dans le même département, comme Cannes, ou comme Monaco, ont su négocier ce virage des années 90 et 2000 avec plus de talent ; je le regrette mais c’est ainsi.
La ville de Nice est aujourd’hui un peu à la traîne. Je vous remercie.
Robert INJEY
Voilà une délibération qui au premier abord suscite un certain étonnement. Notre commune demande à être classée ville touristique ; la chose paraît tellement évidente que la démarche peut paraître bizarre. Certes il y a une possibilité de perdre l’agrément « station climatique » obtenu le 7 novembre 1918 mais chacun a bien conscience que ce classement ne fera pas disparaître le soleil, la mer, les plages ou les collines.
L’essentiel est ailleurs, en tout cas pas dans les considérants qui pointent et je cite « Ces démarches sont importantes puisque ce classement induit une labellisation de qualité et un outil de marketing et de commercialisation auprès des touristes ». Tout cela est assez flou, il faut gratter un peu plus et mon collègue a commencé à le faire.
Ce n’est pas la peine d’aller chercher dans les textes cités en référence, comme l’article 1 du décret de l’article 8 qui ne fait que pointer les conditions requises, ni l’article 26 de la loi du 22 juillet 2009, et pour comprendre quelque chose dans cette délibération il faut changer de code, abandonner le code du tourisme et regarder ce qu’il y a dans le code du travail, en particulier l’article L. 3132-25 modifié par la loi du 10 août 2009, une loi adoptée le 10 août au coeur de l’été en catimini quand les salariés sont en majorité en vacances. Aujourd’hui cette délibération parle de tout sauf de l’objet essentiel.
Autant de précaution pour une raison simple, l’objet de cette délibération est d’obliger les salariés à travailler le dimanche et je cite la loi modifiée « Les établissements de vente au détail situés dans les communes d’intérêt touristique ou thermales et dans les zones touristiques peuvent de droit donner le repos hebdomadaire par roulement pour tout ou partie du personnel ». Pour être plus clair, pour mes collègues qui auraient du mal à saisir les subtilités du code du travail, il s’agit du travail du dimanche imposé à des milliers de salariés, imposé à tous puisque c’est de droit et non plus une possibilité soumise à des conditions en particulier en matière salariale et en terme de volontariat. Le classement en commune touristique introduit implicitement la possibilité de voir le repos dominical remis en cause, c’est la seule motivation de cette délibération.
Je tiens par ailleurs à vous signaler qu’elle pose problème à des membres de votre majorité parlementaire puisque la ville d’Annecy, qui a gagné le droit de concourir au nom de la France pour les Jeux Olympiques de 2018, a pris la sage décision de suspendre la demande de classement. Nous vous demandons de suspendre cette décision à défaut de quoi nous voterons contre cette délibération synonyme de régression sociale pour des milliers de salariés de cette ville. Je vous remercie.
Mari-Luz HERNANDEZ-NICAISE
Je n’interviendrai pas sur le sujet même de la délibération, mais c’est la seule délibération présentée par monsieur l’Adjoint au tourisme, et le carnaval faisant partie d’un des atouts majeurs de Nice en hiver je voudrais intervenir à propos de la dernière édition du carnaval censée être le carnaval de la planète bleue.
Sur plusieurs points ce carnaval a affiché des attitudes très peu compatibles avec la défense de l’environnement notamment un point sur lequel j’ai pu vérifier un sexisme totalement insupportable. Cela a commencé avec l’arrachage de 14 pins de la place Masséna qui cet été sera transformée en four solaire puisque ces pins ont été arrachés sur la partie d’allée au fameux basalte gris de Chine cher à nos architectes urbanistes. Je proteste, j’ai déjà protesté et je continuerai.
Ensuite j’ai pu vérifier pendant le corso la débauche de bombes à serpentins et je pensais que l’on avait convenu que l’on essaierait de les diminuer. Tous les carnavaliers se plaignent des dégâts occasionnés par le solvant de cette matière plastique sur les costumes ; certains sujets les ont reçus sur la face et certains vêtements sont ruinés. Je pense aux tonnes d’aluminium gaspillées et même si on les recycle c’est consternant et complètement inutile.
Enfin je voudrais aussi relever à quel point certains Niçois ont mal vécu ces grilles opaques, enfin ces murailles bleues, encerclant une partie de l’itinéraire du corso ; c’est la première fois que je vois cela. Avant l’on pouvait déambuler le long du carnaval, regarder et là on était parqué comme des animaux ; c’était très déplaisant.
Enfin je terminerai sur un détail qui s’est produit quand je regardais le grand écran sur la place Masséna avec ma petite fille de 14 ans et qui commence à être très sensible à certains problèmes. Il y eut une séquence consacrée aux pointus avec un commentaire en off et à la fin de ce commentaire la voix off d’un homme disait « Les pointus c’est comme les vieilles femmes : on les habille, on les maquille et on les entretient ». Je trouve que cela est indigne de la Ville !
Christian ESTROSI
Je vais laisser le soin à monsieur l’Adjoint de répondre à tout cela.
Je dis juste un mot sur l’ouverture du dimanche. Vous avez cette attitude mais, franchement, que vous vous positionnez dans cette séance du conseil municipal pour dire clairement que vous êtes favorables au travail de nuit et à l’ouverture des commerces de nuit et pas au commerce du dimanche !
Nous prenons acte et je trouve formidable de dire aux Niçois « Surtout n’allez pas faire vos courses le dimanche mais allez les faire la nuit ».
Yann LIBRATI
Ce ne sont pas des salariés, ce sont des artisans.
Christian ESTROSI
La réalité, c’est que nous avons une dimension humaine, une économie à soutenir. Vous essayez de faire la comparaison avec d’autres mais – manque de chance pour vous– les autres comparaisons sont des pôles touristiques prestigieux qui ont cette autorisation d’ouverture du dimanche et quand on voit qu’un certain nombre de boutiques à Cannes font un chiffre d’affaires supérieur à Nice vous pouvez peut-être vous poser la question.
Tout cela est de l’économie, du développement économique et de l’emploi parce que forcément plus vous avez d’activités plus il y a d’emplois.
Deuxièmement pourquoi nous tirer une balle dans le pied : nous sommes le deuxième pôle touristique de France après Paris. Je ne vois pas pourquoi Paris pourrait ouvrir ses boutiques sur les Champs-Elysées le dimanche et que Nice devrait se l’interdire. On laisse bien nos musées ouverts le dimanche et on se dit qu’à Nice on peut fréquenter les musées mais pas faire ses courses le dimanche ?
Enfin c’est une insulte à la femme, à ceux qui travaillent, à ceux qui se disent qu’ils travaillent toute la semaine et qu’il n’y a qu’un jour par semaine, le dimanche, où ils peuvent se retrouver pour faire leurs courses en famille ; vous privez les Niçois du pouvoir de faire leurs courses le dimanche.
Robert INJEY
Arrêtez d’être démagogique ! C’est inacceptable.
Christian ESTROSI
Merci, Monsieur l’Adjoint de proposer cette évolution qui donnera plus de compétitivité, qui soutiendra plus l’emploi et qui soutiendra plus la dimension internationale du pôle touristique de Nice.
Auguste VEROLA
Oui. Monsieur le Maire j’allais dire ce que vous avez dit.
C’est extraordinaire : les épiceries de nuit s’adressent à monsieur Librati, les habitants de la place Garibaldi s’adressent à monsieur Librati et il semble que l’on ne nous fasse jamais aucune remarque, que l’on fasse les choses à la légère, que l’on ne soit pas concerné.
Christian ESTROSI
Nous n’avons pas les mêmes fréquentations, nous avons de bonnes fréquentations.
Auguste VEROLA
Je pense que monsieur Librati aurait dû être tête de liste, ils auraient peut-être eu plus de voix puisque tout le monde s’adresse à lui. Pour en revenir à cette délibération, nous ne faisons pas les choses à la légère : avec Rudy Salles et le président de l’OCAN, nous avons consulté la fédération du commerce et nous avons déjà rencontré tous ceux qui sont concernés par cette délibération.
Il faut arrêter de nous prêter des mauvaises intentions pour tout ce que nous faisons.
Yann LIBRATI
La manifestation des restaurateurs devant la mairie ? On l’a rêvée !
Auguste VEROLA
Ce n’était pas du tout pour ce problème-là.
Christian ESTROSI
Monsieur Tordo, notre adjoint en charge des finances et de l’économie va vous répondre, oui, parce que cela compte aussi.
Christian TORDO
Surtout que l’on a une position toujours très prompte à nous donner des leçons sur l’équilibre budgétaire et le fait de faire des économies. Je voulais très calmement et très candidement faire remarquer que si l’on n’avait pas cette classification le budget de la Ville perdrait 3,6 M€ de taxes de séjour car nous ne la collecterions plus. Je prends bonne note que nous avons une position qui tire un trait sur cette somme. On s’en souviendra.
Christian ESTROSI
Merci et qu’il me soit permis, monsieur l’Adjoint, de préciser que depuis notre arrivée –pour ceux qui nous feraient le reproche que nous ne facilitons pas l’activité d’un certain nombre de restaurateurs de grande qualité d’ailleurs– nous avons, pour renforcer l’animation de notre ville, assuré la présence d’un certain nombre d’enseignes dignes de ce nom à des endroits où elles étaient interdites précédemment, je pense à place Masséna, à la place Garibaldi. Lorsque nous avons été élus il y avait 772 terrasses sur le domaine public et depuis que nous sommes là nous en sommes à 905 terrasses autorisées sur l’occupation du domaine public, évidemment bien réglementées, soit 133 de plus. Pour ceux qui considérèrent que nous n’accompagnons pas ceux qui ont des enseignes dignes de ce nom pour permettre à notre ville d’être plus animée, nous avons la démonstration contraire. Monsieur l’Adjoint, je vous laisse conclure.
Rudy SALLES
Merci, Monsieur le Maire. Je voudrais tout d’abord dire à Monsieur Injey que la loi du 10 août n’a pas été votée le 10 août ; c’est la date de la promulgation. Le Parlement ne travaille pas à la sauvette ou dans la clandestinité, non, Monsieur Injey, et pas sur un sujet aussi important.
La loi sur le tourisme a été très consensuelle et soutenue par l’ensemble des parlementaires ; elle était absolument nécessaire. Que ne dirait-on pas si aujourd’hui nous ne délibérions pas pour faire en sorte que Nice soit retenue commune touristique. Soyons raisonnables ! Il y a un temps pour tout, on peut dire des bêtises mais sur un sujet qui représente près de 50% de l’économie de la ville je crois qu’il faut faire attention à ce que l’on dit.
Monsieur, vous avez parlé de beaucoup de choses : sur la fermeture tardive, je n’y reviendrai pas, nous avons eu un débat ; quant à l’ouverture des magasins le dimanche, comme l’a dit Auguste Vérola, nous avons eu beaucoup de réunions de travail avec les commerçants. Les commerçants de Nice ne sont pas favorables à l’ouverture des commerces tous les dimanches de l’année, en revanche il y a bien 15 ou 16 dimanches dans l’année où il y a une activité touristique importante et où les commençants souhaitent pouvoir ouvrir. Cela va exactement dans le sens que souhaite monsieur Librati pour avoir une ville animée mais, les commerces, ce sont tous les commerces ou pas de commerce du tout.
Je vous donne un exemple concret : vous avez les Galeries Lafayette et Nice Étoile sur l’avenue Jean Médecin. Si l’un des magasins décide d’ouvrir et l’autre reste fermé vous avez une avenue Jean Médecin quasiment morte, si tous les commerces décident d’ouvrir alors l’avenue est animée.
L’ensemble des commerçants, petits et grands magasins, ont tendance et avantage à travailler ensemble ; ce qu’ils sont en train de faire au sein de l’office du commerce et qui permet d’avoir une unité plus intéressante plutôt que d’avoir des commerçants qui s’ignorent comme jusqu’à présent.
L’histoire du commerce du dimanche est un faux débat. Des besoins sont demandés par la population et par les touristes et il faut que cela s’exprime au même titre qu’il est nécessaire de pouvoir ouvrir les restaurants le soir comme vous l’avez évoqué tout à l’heure et comme le Maire l’a permis l’été dernier.
Je vous rappelle qu’il y a eu une concertation avec les restaurateurs qui s’est très bien passée parce que, contrairement à vous, nous n’allons pas chercher de l’agitation ici ou là mais nous allons simplement essayer de travailler avec eux pour faire en sorte qu’à la sortie tout le monde soit gagnant, le tourisme, la Ville, l’économie, et la Ville d’une façon générale.
Monsieur Librati, –et c’est une vieille marotte de votre part– vous avez évoqué la circulation du tramway toute la nuit à Nice et c’est déjà le cas : les derniers trams terminent vers une heure et demi ou deux heures et recommencent vers cinq heures et demi.
Monsieur Librati, je vous demande d’inciter le maire de Paris et le président de la région Ile-de-France, une grande ville touristique, c’est une vérité pour tout le monde, où le métro s’arrête à minuit et demi et ne recommence qu’à six heures du matin, pour que nous puissions suivre l’exemple de la capitale de la France dirigée par vos amis. Quand Paris aura donné l’exemple, vu le nombre de visiteurs à Paris, nous pourrons y réfléchir.
Je vous rappelle que nous avons les transports en commun qui travaillent le plus tard dans la nuit et le plus tôt dans la matinée. Nous étions récemment à Marseille où le métro s’arrête à vingt et une heures depuis sa création, depuis que monsieur Defferre l’a inauguré.
Je ne suis pas favorable à la fermeture à vingt et une heures, je trouve que le système niçois convient assez bien, il n’y a qu’à voir la fréquentation qui baisse à partir d’une heure, une heure quinze. Vous imaginez ce que coûte la circulation du tramway toute la nuit.
Christian ESTROSI
Monsieur l’Adjoint, soit vous êtes décidé à avoir une attitude respectueuse quand un élu qui a délégation présente ses rapports et a la délicatesse de répondre à chacun d’entre vous, soit on ne répond plus. On vous laisse dire ce que vous avez à dire mais ne vous plaignez pas que l’on n’y réponde pas et que l’on passe au vote immédiatement. Estimez que c’est une enceinte où chacun avec ses positions doit malgré tout garder des limites de respect vis-à-vis de l’autre ; quand vous vous exprimez, me semble-t-il, personne ne vous interrompt et nous vous laissons vous exprimer jusqu’à bout et ensuite vous acceptez le principe selon lequel à la fois l’adjoint et le maire puissent vous répondre. Monsieur Rudy Salles vous répond depuis cinq minutes et vous n’avez cessé à quatre ou cinq reprises de l’empêcher de s’exprimer. Est-ce cela l’attitude responsable d’un homme qui a reçu un mandat de la part d’électeurs pour s’exprimer dans cette enceinte ? Franchement ! Sachez que l’on vous regarde et l’on a besoin de donner une image de dignité ; nous sommes tous en charge, dans l’opposition ou dans la majorité, de la cinquième ville de France et c’est important l’image que nous devons offrir à chacun sur nos bancs.
Je vous le dis parce que si vous souhaitez, dans chaque séance du Conseil municipal, vous comporter de cette manière, vous fausserez les règles du jeu mais vous en assumerez seul la responsabilité.
(Applaudissements)
Rudy SALLES
Concernant la ville de Barcelone, j’en ai assez que l’on fasse toujours des comparaisons sur des sujets qui ne sont pas exactement ce que vous dites. Barcelone est une grande ville méditerranéenne que nous aimons tous sauf que, je vous donne un exemple, l’année dernière la ville de Barcelone en matière de tourisme d’affaires a perdu 40% de son chiffre d’affaires quand la ville de Nice avec Acropolis a résisté avec une baisse du chiffre d’affaires qui n’a pas excédé les 10%. Nous sommes la ville de France qui s’en sort le mieux en matière de tourisme d’affaires. D’autre part la fréquentation du palais Acropolis, entre 2008 et 2009, en pleine crise, est passée de 650 000 à 750 000 personnes.
Nous avons une augmentation de la fréquentation, une bonne résistance du chiffre d’affaires quand la plupart des destinations se sont cassé la figure. Je tiens à apporter cela à votre information parce que la ville de Barcelone connaît de très grandes difficultés, ce qui amène les hôteliers espagnols à faire un dumping incroyable pour réussir à garder les clients en mettant le prix des quatre étoiles au prix des deux étoiles, ce que nos hôteliers n’ont pas eu besoin de faire pour garder la clientèle niçoise. Je tiens à le préciser parce que c’est extrêmement important.
D’autre part, nous avons multiplié les événements pour animer la ville, les Prom Party en particulier vont être maintenues et intensifiées cette année et ont permis d’attirer, à chaque fois, 20 000 personnes sur la Promenade des Anglais ; cela a rejailli sur l’ensemble des commerces, restaurateurs, plagistes qui ont ainsi fait une très bonne saison 2009 alors que nous étions au plus fort de la crise économique. Nous allons donc poursuivre cette politique.
Je voudrais dire concernant la police que ce qui compte ce n’est pas d’avoir des bureaux de police ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c’est d’avoir des policiers dans la rue notamment d’avoir une surveillance de la ville. La politique de vidéosurveillance menée aujourd’hui permet une meilleure sécurité dans notre ville et ce n’est pas avec un bureau de police qui intéressera simplement les personnes qui passent devant que vous pourrez avoir des résultats significatifs dans ce domaine.
Pour répondre à madame Hernandez-Nicaise, je voudrais évoquer la question des 14 pins. La place Masséna a toujours été une place minérale cela n’a jamais été une place végétale. Pourquoi ? Dans la plupart des grandes villes, que ce soit la place Kléber à Strasbourg, la place de la Concorde à Paris, la place des Brotteaux à Lyon, la place Masséna à Nice, vous avez toujours une grande esplanade où se trouve un certain nombre d’animations qui sont des points de rencontre pour la population et les touristes.
La municipalité précédente avait décidé de mettre des arbres sur un emplacement où il n’y en avait pas auparavant ; cela présentait certes des avantages que vous avez soulignés mais aussi un inconvénient dès lors qu’il rétrécissait l’espace disponible sur la place et interdisait la possibilité de créer des événements sur cette place puisqu’il n’y avait plus cette esplanade à laquelle nous étions habitués. Vous auriez raison de dire « Vous avez enlevé 14 arbres, c’est scandaleux parce que vous avez réduit la chlorophylle » si le maire n’était pas décidé à créer une coulée verte sur l’ensemble du Paillon qui va amener des centaines de plantations nouvelles en centre-ville et qui va donner beaucoup plus de chlorophylle que les 14 pins enlevés. Ces 14 pins n’ont pas été coupés, arrachés, ils ont été déplantés pour permettre l’installation des tribunes de carnaval et autoriser le carnaval de Nice à se développer comme une grande manifestation d’hiver.
Le carnaval est une manifestation qui depuis des années périclitait et les hôteliers, les restaurateurs, tous les professionnels du tourisme se plaignaient parce que là où le carnaval était naguère une grande manifestation nationale et internationale –c’est l’un des trois grands carnavals du monde avec Rio et Venise– on en venait à une manifestation d’intérêt régional, et encore.
Nous avons ramené le carnaval place Masséna, nous avons voulu faire du spectacle sur la place Masséna pour que les Niçois et les visiteurs puissent participer à un carnaval intéressant et amener du divertissement. Nous avons pour cela lancé l’opération « place Masséna » dès l’année dernière et nous nous sommes rendus compte des difficultés à cause des pins pour les tribunes mais également à cause d’une concentration du public très importante sur la place Masséna posant des problèmes de sécurité. Heureusement nous n’avons pas joué de malchance, les choses se sont convenablement passées mais nous avions des difficultés pour faire tourner les chars et nous avons une clientèle d’enfants très importante qui au milieu de la foule n’était pas en sécurité. Il y aurait eu le moindre problème on serait venu nous reprocher de faire un carnaval où les mesures de sécurité n’avaient pas été respectées.
C’est la raison pour laquelle nous sommes revenus à la situation antérieure et si vous êtes niçoise depuis longtemps vous ne pouvez pas dire que vous n’avez pas connu cette période. Le carnaval de Nice a toujours été payant sur la place Masséna sauf l’année dernière. Je veux vous rappeler, Madame Nicaise, qu’à l’exception de la place Masséna, 80 % du parcours est gratuit, sur l’avenue de Verdun, la Promenade des Anglais et l’avenue des Phocéens et la totalité du carnaval est gratuite si vous venez déguisés. Cela a toujours été le cas dans le passé et je me souviens du temps où ma grand-mère me mettait des dominos, des blouses en satin de couleurs et l’on rentrait gratuitement Place Masséna. Aujourd’hui c’est la même chose, c’est le retour à la tradition et c’est surtout assurer du confort et de la sécurité aux familles qui sont venues avec des enfants et qui ont pu trouver un spectacle où ils pouvaient être en toute tranquillité.
Enfin le problème des bombes de serpentins : j’ai partagé et je partage ce point de vue. Nous avons tout fait pour essayer d’interdire ces bombes. Nous avons beaucoup travaillé avec Véronique Paquis, le professeur Benchimol, pour essayer de trouver ce qui, dans la confection de ces bombes, pouvait être contraire à la santé publique afin de les interdire ; malheureusement pour nous, il n’y avait rien de contraire à la santé publique qui nous permettait de les interdire. Et quand bien même on aurait interdit la vente des bombes dans l’enceinte du carnaval, elles étaient vendues dans tous les commerces en toute légalité. Voilà pourquoi nous avons été contraints de maintenir ces bombes et nous avons mis en place un char de récupération qui a d’ailleurs récupéré des tonnes de bombes que l’on a recyclées. A chaque carnaval nous mettrons en place un char de récupération des bombes, c’est ludique et cela permet à chacun d’avoir une attitude citoyenne, les enfants ont joué le jeu, des personnes allaient dans les tribunes récupérer les bombes et nous continuerons sur ce point.
Encore une fois, la place Masséna n’était pas un endroit où les spectateurs étaient parqués et enfermés mais le retour à la tradition ; c’est une enceinte fermée par l’architecture même de la place afin que la concentration ne crée pas de problème de sécurité. Cela nous paraît évidemment très important.
Christian ESTROSI
Je vous remercie. Je mets au vote le rapport de Rudy Salles. Qui s’oppose ?
La délibération n° 3.1, mise aux voix, est adoptée à la majorité absolue.
Votent contre : les élus du groupe Communistes et Républicains
S’abstiennent :- les élus du groupe Changer d’Ère


